La Région Grand Est pour renforcer le partenariat France Slovaquie

Ambassadeur de France en Slovaquie, Christophe Léonzi était mardi 25 juin à Strasbourg afin de renforcer les liens politiques, économiques et universitaires de la Région Grand Est avec la Slovaquie, un partenaire « stable et fiable » de la France au sein de l’Union européenne. M. Léonzi a répondu aux questions Jean-François Clerc des Dernières Nouvelles d’Alsace.

Vous êtes à Strasbourg pour renforcer les liens avec la Slovaquie...

« Membre de l’Union européenne et de la zone Euro, la Slovaquie est un des pays les plus proeuropéens de l’Europe centrale, le plus engagé en faveur de la construction européenne parmi les quatre pays du groupe de Visegràd (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie). C’est un pays soucieux de travailler avec le couple franco-allemand. Nous avons d’excellentes relations avec la Slovaquie, mais nous avons besoin de renforcer les liens entre collectivités territoriales. Il y a des liens plus particuliers entre l’Europe centrale et la Région Grand Est, l’Alsace qui par tradition comprennent mieux, parlent mieux avec l’Europe centrale. Il y a aussi des liens entre Strasbourg et Bratislava - deux villes frontières. Strasbourg et l’Eurométropole partagent des problématiques communes avec Bratislava et Kosice, la 2e ville de Slovaquie, dans la gestion urbaine, la coopération transfrontalière... La Slovaquie attend plus de la France, plus d’échanges universitaires, artistiques et plus de présence économique. Il y a des débats d’idées en Europe sur l’état de droit, la démocratie et dans ce débat, Strasbourg, capitale européenne, est la capitale de la démocratie, des droits de l’homme ».

Êtes-vous soucieux de renforcer les liens économiques ?

« La Slovaquie compte 5,5 millions d’habitants, soit l’équivalent de la population du Grand Est. Elle fait beaucoup de commerce avec la France. Les échanges s’élèvent à huit milliards d’euros. La France exporte pour trois milliards, dont 25 % à partir d’entreprises de l’Est de la France, et importe pour cinq milliards, un déficit commercial lié aux importations d’automobiles, qu’il faut combler. PSA est très présent en Slovaquie, il y a également Orange, Veolia, des groupes du BTP, la Slovaquie a une économie dynamique. C’est un pays plus riche qu’on peut le penser. Bratislava est la 6e région en Europe pour le PIB par habitant. La croissance en Slovaquie qui était de 4 % en 2018, sera de 3,5 % en 2019, selon les prévisions. C’est un pays essentiellement industriel, où sont fabriqués 1,2 million de véhicules par an. Une mission serait très utile pour aider des entreprises du Grand Est à trouver des partenaires dans ce pays, dans le secteur automobile et dans bien d’autres domaines, l’agroalimentaire, la géothermie, l’industrie du bois. La Slovaquie, où les forêts couvrent 45 % du territoire, cherche des entreprises capables de valoriser sa production de bois ».

La coopération doit-elle aussi être universitaire ?

« Il existe six doubles diplômes franco-slovaques avec les universités de Strasbourg, Nancy et Reims, qui accueillent une grande partie des 500 étudiants slovaques qui étudient en France. Il faut développer les échanges dans les deux sens, les jumelages entre lycées agricoles. Des coopérations peuvent se mettre en place dans la filière bois, la viti-viniculture... mais également dans le domaine de l’organisation des collectivités territoriales. Ainsi dans l’intercommunalité, les Slovaques n’ont pas d’instruments juridiques performants. La France doit jouer un rôle plus important en Europe centrale aux côtés de l’Allemagne. Le travail ne doit pas se faire uniquement à Bruxelles, mais il doit être porté au quotidien par les universités, élus locaux, entreprises... Ces pays attendent plus de la France, plus de Strasbourg, plus de l’Alsace et du Grand Est. Il est important de s’appuyer sur cette Région qui a une vocation européenne très particulière ».

Dernière modification : 27/06/2019

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