A la découverte de documents d’époque sur Štefánik et la France

Mise en valeur de liens biographiques, militaires, politiques, intellectuels, plus ou moins connus, qui attachent la personnalité du général Milan Rastislav Štefánik à la République française et à ses idéaux à travers une présentation de documents illustratifs numérisés (photographies, gravures, documents officiels, lettres, objets personnels..).

Les publications ont débuté à l’occasion de l’inauguration de l’exposition sur la création des légions tchécoslovaques proposée par l’Institut français de Slovaquie et se poursuivront jusqu’en mai 2019, à la date anniversaire de la disparition du général Štefánik.

Elles sont le fruit d’une coopération entre cette ambassade et un comité d’historiens français et slovaques comprenant M. Antoine Marès, professeur d’histoire à l’Université de la Sorbonne, spécialiste de l’Europe centrale, M. Frédéric Guelton, membre du Conseil scientifique de la Mission du centenaire de la Première guerre mondiale, et M. Michal Kšiňan, historien à Institut d‘histoire de l‘Académie slovaque des Sciences.


Milan Rastislav Štefánik, l’astronome.

Si le général Milan Rastislav Štefánik (1880-1919) a laissé le souvenir d’un homme politique et d’un diplomate slovaque important, ses activités d’astronome sont restées méconnues. Il a pourtant parcouru le monde pour remplir de nombreuses missions astronomiques pour le compte du gouvernement français.

A ce titre, il a été détaché par le bureau des longitudes à Tahiti en 1910 pour y observer le passage de la comète de Halley et l’éclipse solaire du 28 avril 1911 à Vavau (archipel Tonga).

L’astronome consacra dès lors toute son énergie à ce projet. Pour procéder à ses observations, il créa un observatoire sur les hauteurs de Sainte Amélie, au mont Faiere, dans une simple construction en bois dotée d’une coupole abritant son télescope et tous les appareils nécessaires. Les tahitiens l’avaient surnommé Taatahio fetia, « l’homme qui regarde les étoiles ».

Il fut officiellement nommé par le ministère des Colonies directeur de l’observatoire, ainsi que chef du service météorologique et du projet de radiotélégraphie local.
Après son départ et la fin de la première guerre mondiale, son matériel fut dispersé.

Par son action, mais aussi par ses reportages photographiques, Štefánik a contribué à l’installation d’une petite communauté slovaque à Tahiti. Il a permis à cette île de se faire connaître en République Tchèque et en Slovaquie. Il a été un des premiers à photographier les pays du Pacifique, dont Tahiti. Il était, en outre, très apprécié de la population tahitienne.

Le Mont Faiere ne s’est pas prêté qu’à l’observation des étoiles… Lorsque éclate en Europe la Première Guerre mondiale (le 3 août 1914), le commandant Destremeau choisit, en vue d’assurer la défense de Tahiti, le Mont Faiere comme poste de commandement. Depuis treize ans déjà, une vigie, Patrice Burns, surveillait le large et un sémaphore permettait de signaler l’arrivée des navires. De là, Destremeau dirigea les opérations, communiquant par téléphone avec les artilleurs du Pic rouge et la caserne.

En 1935, Une station météorologique vient compléter l’observatoire. Pour se rendre au travail, au lieu de prendre la route de Hermon, celle qui prolonge l’avenue Pouvanaa par la gauche, les météorologues prennent un raccourci. Ils garent leur vélo en contre-bas sur un terrain et grimpent la côte avec une pente de 40% et cela sur 400 mètres environ.

L’observatoire du Mont Faiere fut détruit en septembre 1948 par un incendie.

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Photo prise par M. R. Štefánik en personne

En 1994, une expédition slovaque dirigée par Miroslav Musil et František Kele a fait don d’une plaque à la mémoire de Štefánik, qui a été fixée sur un pilier dressé par la ville de Papeete à l´emplacement même de l´ancien observatoire.

Il était important de rendre hommage, près d’un siècle après sa mort, à ce grand homme qui a mis ses connaissances scientifiques au service de la Polynésie et a contribué à promouvoir le mythe de Tahiti en Europe.

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Stèle commémorative érigée à la mémoire de Stefanik, située à Faiere, Sainte Amélie. - (Sources & photos : www.ville-papeete.pf)


Appel au Président Poincaré

Appel lancé par M. R. Štefánik le 24 décembre 1915 à M. Raymond Poincaré, Président de la République française (1913-1920), avec en pièce jointe, le Manifeste du Comité d’action tchèque à l’étranger.

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Mission en Sibérie

Milan Rastislav Štefánik a fait sa mission en Extrême-Orient russe et en Sibérie au tournant des années 1918/19 en tant que ministre de la Guerre de la nouvelle Tchécoslovaquie. Après plusieurs années de combats, les légionnaires tchécoslovaques perdaient leur motivation à combattre les bolcheviks et voulaient rentrer dans leur patrie. Mais la position du nouvel État sur la scène internationale était encore très fragile et M. R. Štefánik devait convaincre les légionnaires de continuer la lutte pour gagner le soutien des grandes puissances mondiales. Ces images uniques et presque inconnues nous montrent M. R. Štefánik probablement à Tcheliabinsk ou (et) à Ekaterinbourg en décembre 1918 en compagnie des généraux Syrový (commandant en chef de l´Armée tchécoslovaque en Russie) et Gajda.

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En août 1918, Georges Clemenceau, Président du Conseil des ministres français et ministre de la Guerre, adresse par courrier au général Maurice Janin, une série d’instructions pour une mission de recrutement de militaires tchèques et slovaques en Sibérie.
Le général Janin sera accompagné dans sa mission du général Milan Rastislav Štefánik
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Copyright - Service historique de la défense, CHA, Vincennes


Milan Rastislav Štefánik, Français de coeur
Vivant en France depuis 1904, M. R. Štefánik décide en 1909 de demandant son admission à domicile pour, ensuite, solliciter sa naturalisation française.
Initialement, il ne souhaitait rester en France que deux ans pour regagner ensuite Prague. Ces demandes montrent l’évolution dans ses plans ainsi que son attachement à la nouvelle patrie. Fait citoyen français, Štefánik pourra davantage bénéficier du soutien de l´État pour mener à bien ses projets scientifiques.

L´admission à domicile lui est accordée pour cinq ans par le décret du 18 mars 1910, en vue d’obtenir la naturalisation. Štefánik devient Français naturalisé le 27 juillet 1912.

Ci-dessous, lettre manuscrite de M. R. Štefánik exprimant son souhait d’être naturalisé Français, issue des archives du Service Historique des Armées de la République française.

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Ci-dessous, portrait M. R. Štefánik réalisé par son ami tchèque de l´époque parisienne Tavík František Šimon (1877-1942), peintre, graveur et artiste. Collection privée, Paris.

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Dernière modification : 18/06/2018

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